Promenons-nous dans les bois… (#1)

Le temps était un peu couvert, les nuages commençaient à grisonner et à obscurcir le bleu du ciel, et le soleil, de plus en plus timide, semblait vouloir se coucher avant l’heure.

Je marchai tranquillement, le regard se portant sur les nombreux oiseaux qui semblaient s’affairer à trouver un abri face à la menace montant du ciel.

Mes yeux finirent par se poser sur un magnifique pic-vert. 

Contrairement aux autres oiseaux, il avait l’air tranquille, perché sur un beau chêne aux feuilles agitées par le vent.

J’ai souri en le regardant, et c’est là que je vis qu’il me regardait lui aussi avec intensité; comme si nous nous dévisagions mutuellement.

Subitement, il s’envola et je me sentis invitée à le suivre, sans trop me l’expliquer.

Il volait au-dessus du chemin que j’empruntais, et se dirigeait vers la forêt, majestueuse quoique un peu menaçante avec le temps changeant.

C’était une épaisse forêt composée principalement de gros chênes touffus, et plus je me rapprochais plus je distinguais la baisse de luminosité, et l’aspect sombre de ce bois me fis frissonner.

Pourtant, je suivais toujours le pic-vert qui se retournait régulièrement, comme pour surveiller si je le suivais toujours.

« Je te suis », répondis-je, souriante et confiante malgré tout.

Comme rassuré, le pic-vert se retourna, le regard vers la forêt. 

Il voulait que j’y pénètre, avait-il quelque chose à me montrer?

Nous arrivions à la lisière du bois, et mes pas se figèrent. 

J’hésitai maintenant à avancer plus loin: je ne connaissai pas cette forêt, le temps ne présageait rien de bon et j’avais peur de me perdre.

Au fond de moi cependant, j’étais piquée par la curiosité et j’avais vraiment envie de savoir où cet oiseau voulait m’emmener, ou ce qu’il tenait à me montrer.

C’est là que je vis qu’il y avait deux chemins possibles pour pénétrer dans la forêt.

Je regardai le pic-vert, mais celui-ci s’était posé sur un tronc d’arbre renversé et ne semblait pas vouloir m’être d’une aide quelconque.

« A gauche ou à droite? » tentai-je, mais l’oiseau demeurait impassible. 

Il ne m’aiderait pas, le choix n’appartenait qu’à moi seule.

Le chemin sur la gauche s’enfonçait directement dans les profondeurs de la forêt, le ciel était peu visible, caché par les hautes branches des chênes. 

Une légère brume sur le chemin m’indiquait la présence proche d’un point d’eau.

Le chemin de droite semblait plus lumineux, les arbres moins gros et plus clairsemés, le chemin tapissé de feuilles aux couleurs éclatantes invitait à poursuivre la promenade, même si je n’étais plus convaincue d’être vraiment en balade… 

J’avais beau me dire que le choix semblait s’avérer facile, je ne pouvais m’empêcher de me demander si ce n’était justement pas trop simple.

Un choix manichéen qui ne m’inspirait pas.

Le bien d’un côté, le mal de l’autre, la lumière et l’ombre.

Je jetai un dernier regard au pic-vert, et comme pour confirmer ma pensée qu’il ne m’aiderait décidément pas, il s’envola et disparut dans la touffeur des branches.

Autour de moi, il n’y avait plus aucun son, pas un oiseau ne chantait, comme pour annoncer un danger imminent.

Je commençai à trembler: je ne savais pas trop distinguer si c’était de froid ou de peur, ou bien un mélange des deux.

Faire demi-tour me traversa soudainement l’esprit.

J’avais tellement fixé le chemin à l’horizon que je n’avais pas vu que la route derrière moi s’était effacée au fur et à mesure de mon avancée.

Tout derrière moi était devenu noir d’encre, je ne distinguai plus le moindre chemin et le ciel était obstrué comme si je m’étais trouvée au-dessus d’un volcan entrant en éruption, crachant sa violence en obscurcissant tout autour de lui.

Je n’avais donc pas le droit de me retourner, de revenir sur mes pas, je devais avancer et me décider maintenant quant à la suite de ma marche, qui prenait des allures de quête ou encore d’aventure et qui avait définitivement perdu toute son insouciance de simple marche contemplative.

D’ailleurs, où me trouvais-je? Je ne connaissais pas la forêt mais je ne connaissais pas plus le chemin qui m’avait menée jusqu’à elle. 

Je marchai en territoire inconnu sans me poser la moindre question.

Quel étrange ressenti… Et pourtant j’avais une impression de déjà-vu.

Une sensation profonde me poussait sur le chemin plus sombre, pourtant je sentais ma gorge se serrer et mon corps se glacer à cette idée.

Je savais que je devais prendre ce chemin, même si j’en ignorai encore la raison.

Je m’exécute, réticente, mais de toute manière il n’était plus possible pour moi de faire demi-tour, alors je n’allais pas rester plantée là à attendre!

Me voilà sur le chemin de gauche, mon corps fendant la brume, mes yeux essayant de distinguer la suite du chemin.

Mon rythme cardiaque s’accéléra, mais une montée d’adrénaline bienvenue me donna le courage nécessaire pour continuer à avancer.

J’arrivai au point d’eau que j’avais présumé être tout prêt à cause de la brume.

Une mare sombre et lisse se trouvait devant moi, la surface de celle-ci à peine effleurée par quelques feuilles mortes. 

Je décidai de poursuivre mon chemin sans m’attarder, cette mare ne m’inspirait rien de bon. 

Cela me rappela de mauvais souvenirs, comme cette fois où j’avais failli me noyer. 

Depuis cette épreuve j’avais peur de l’eau, et je n’aimais pas que ma marche se transforme en réminiscences désagréables.

Je n’avais pas pris la route pour me remémorer mon passé… mais pourquoi l’avais-je prise d’ailleurs? 

J’avançai donc de nouveau sur ce chemin brumeux et c’est là que je l’entendis dans le lointain, un son étrange que je n’arrivai pas à définir.

Pour cela il fallait que je me rapproche, ce que je fis, non sans une inquiétude montant crescendo en moi.

Je me laissai guider par ce son étouffé et grave, et au fur et à mesure que j’avançai, je distinguai un bruit métallique.

Tout à coup, une biche surgit sur le chemin, magnifique et fière mais l’oeil apeuré. 

Etait-ce moi qui lui avait fait peur, ou bien autre chose?

Son attitude m’inquiéta, j’avais l’impression qu’une menace me surveillait de près sans que je puisse la distinguer concrètement.

Je trouvai finalement l’origine de ce bruit étrange: un coffre bardé de plaques de métal se secouait sur lui-même, à moitié recouvert de feuilles mortes.

Un solide cadenas fermait le coffre, et bien entendu la clé ne se trouvait nulle part. 

Mais où pouvait donc se trouver cette clé? A vos claviers pour imaginer une réponse, la deuxième partie très vite!

6 commentaires sur “Promenons-nous dans les bois… (#1)

  1. C’est le pic-vert qui l’a ! Ou alors il faut aller dans la mare et résoudre l’énigme d’une fée malicieuse.
    J’ai adoré ton histoire ! On est directement prit dans l’ambiance💛

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  2. Brusquement, un gros lézard brillant partit se réfugier sous les feuilles, laissant apparaître une sorte de sentier. Toujours anxieuse, je choisis cependant de m’y engager. La brume persistante semblait plus légère, ce qui ôta une partie de mon appréhension. Toujours sur mes gardes, en proie à une multitude de questions, je continuai de suivre ce petit chemin providentiel. Il me mena rapidement à une sorte de clairière, au milieu de laquelle trônait un chêne majestueux. A ses pieds, une sorte de petite fontaine, dont le bassin était empli de piécettes brillantes, mais différentes de celles que l’on jette pour exaucer un voeu. Rondes, certes, mais d’un verre pailleté d’or et d’argent qui les rendaient particulièrement scintillantes. Au milieu de ces dizaines de piécettes, une petite clé se détachait. Et si c’était LA clé !! Prise soudain d’un fol espoir, ma main s’en empara et, retournant sur mes pas, je retrouvai le coffre. La clé s’adaptait parfaitement et lorsque le cadenas s’ouvrit, la porte libéra un oiseau apeuré, d’un plumage inhabituel.
    Et là, Lili, je n’ai plus d’idée …☺

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    1. Ton histoire est vraiment trop géniale, j’adore!!!! La mienne est plus sombre, je ne sais pas si je vais la publier telle quelle, j’y réfléchis! J’ai vraiment aimé te lire et j’aurais adoré voir ce gros lézard brillant!!! 😀

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