Retour à la vraie simplicité

Cher journal,

Ces dernières années, ma vie a été très compliquée. Je me suis souvent battue contre des moulins à vent, puis j’ai eu à coeur de vivre la plus dépouillée possible car j’avais peur du monde matériel dans lequel je vis.

J’ai connu des heures sombres, des périodes où je ne pouvais même pas manger à ma faim tellement je manquais d’argent, j’ai vécu dans des appartements miteux dans lesquels j’avais l’impression que j’allais mourir de froid, faute d’une bonne isolation et de l’argent nécessaire pour me chauffer.

Je me suis entourée de plein d’objets par peur du manque, puis je me suis séparée du tout par peur des choses, je ne savais pas ce que je voulais.

Extrêmement vulnérable et influençable, en particulier sur le plan physique, j’ai acheté tout et n’importe quoi en matière d’habillement, de produits de beauté, d’hygiène, de maquillage, pour simplement avoir une sensation de vague contrôle sur un corps qui ne semblait ne plus m’appartenir et s’auto-détruire. J’ai une telle mésestime de moi-même, je me trouve tellement affreuse et repoussante que tout ce qui me donnait l’illusion de pouvoir me sentir mieux dans ma peau se retrouvait dans ma salle de bains ou dans ma penderie.

C’est ainsi que j’ai gaspillé des centaines d’euros, alors que je n’ai même pas de quoi vivre décemment encore! J’ai encore peur du manque, alors oui je m’accroche à des affaires dont je ne veux même pas, mais d’un autre côté je me dis qu’il est temps de tirer un trait sur tout ça, car j’ai la profonde sensation d’avoir commencé à retrouver « la raison » ces dernières semaines.

Je me sens mieux alignée, plus en phase avec moi-même et avec la vie, et j’ai l’impression que ma chance m’est offerte de rebondir avec panache.

Après tout, ce ne sont que des choses, et elles m’ont apporté un bel enseignement, celui de la patience, de la bienveillance envers moi-même face à mes jugements souvent rudes, et m’ont aussi appris à comprendre ce que je voulais réellement et ce que je ne voulais pas.

Je suis fatiguée aujourd’hui d’être malade et de me sentir « compliquée », je veux sortir de ce marasme dans lequel je suis embourbée depuis presque quinze ans maintenant.

Ce à quoi j’aspire le plus en ce moment, c’est le retour à la vraie simplicité, pas celle que je m’étais inventée, vitrine idéalisée d’un moi qui n’existe pas, mais l’abandon pur et simple de mes mauvaises habitudes, de tous ces oripeaux qui m’alourdissent, m’enlaidissent et me plombent au quotidien.

C’est une forme d’écoeurement qui m’habite aujourd’hui, ce moment où j’ai ouvert les yeux sur ma vraie vie, celle envahie d’achats compulsifs pour apaiser mes peurs les plus profondes, celle remplie de nourriture et si vide de sens, alors que j’aspire à de si douces et si belles choses au quotidien.

La vraie simplicité, l’authenticité. Je veux fuir loin de la société qui m’oppresse chaque jour un peu plus et qui ne comprend rien, avilit les Hommes, les asservit pour qu’ils consomment encore et toujours plus, les rendant malades et ivres d’un faux bonheur dont ils ont de plus en plus envie, pourtant si creux et artificiel.

Je retourne progressivement à la slow cosmétique, mon frigo se vide et se remplit d’aliments plus sains pour mon corps, ma garde-robe se réduit au fur et à mesure que j’apprends à m’aimer et me connaître, mes livres s’en vont les uns après les autres, me rendant trop prisonnière de leurs idées et de leurs croyances, je suis un esprit en quête de libération, en quête de liberté.

Je veux retrouver ma fraîcheur, ma créativité et ma joie de vivre et laisser tomber tout cet inutile assommant et déprimant, ces heures passées sur internet à rêver à des choses dont je n’ai pas besoin, juste parce que pendant des années j’ai cru que désirer des choses était ce qui me rendrait heureuse et me ferait oublier la dureté de ma vie.

Et puis j’ai appris la gratitude, j’ai regardé autour de moi avec les yeux grands ouverts, écarquillés, et j’ai compris le plaisir de boire une délicieuse infusion pomme-cannelle avec une touche de miel devant Harry Potter, un jour de pluie, avec mon amoureux, enroulée sous un plaid moelleux.

J’ai senti la joie de regarder cette petite mésange dans le prunus devant ma fenêtre de cuisine, et j’ai ressenti le bonheur indescriptible d’écrire, simplement écrire ces lignes ici, puis ces autres lignes dans mon carnet ce matin, et d’écouter le craquement léger de ma plume sur le papier.

J’ai compris que rien de ce que la société de surconsommation me proposerait ne pourrait me rendre heureuse comme je le suis au quotidien, avec ma petite vie tranquille, paisible.

J’ai cru que mon goût de la solitude dénotait un profond problème relationnel, avant de comprendre que c’était une vraie bénédiction et quelque chose qui me rends heureuse car inspirée et épanouie au quotidien.

Je n’ai finalement pas besoin de changer quoi que ce soit à ma personne, seulement de me recentrer sur moi justement, pour pouvoir laisser tomber tout ce qui ne participe pas à cet épanouissement si précieux dans ma vie au fil des jours.

Mon esprit devient plus serein au fur et à mesure que j’avance dans ma vie, je ne manque de rien d’important et les ressources en moi sont riches.

Expérimenter le manque durant des dernières années aura renforcé ma gratitude et ma reconnaissance d’être en vie et passée entre les mailles du filet, quand j’aurais pu me noyer tant de fois.

Ce soir je laisse tomber le masque de la peur et je m’autorise à vivre en toute simplicité, en espérant continuer à inspirer quelques personnes parmi mes lecteurs… je reçois des messages tellement touchants que cela me donne envie de poursuivre mes écrits ici, même si parfois je me demande s’ils ne sont pas superflus et inutiles.

L’essentiel, c’est que cela aide ou inspire au moins une personne…

Cher journal, merci d’être là pour recueillir mes pensées, toujours sans le moindre jugement, ça fait du bien.

6 commentaires sur “Retour à la vraie simplicité

  1. Tu as vecu tellement de choses difficlies, tu es à chaque mot une inspiration pour moi par ta résilience et ta joie de vivre. Et ta photo de présentation est superbe, cela fait plusieurs fois que je la vois sans prendr ele temps de te le dire, voila qui est corrigé 🙂

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    1. Tu es trop gentille, merci 💛 Je l’aime bien aussi cette photo, je m’étais bien amusée ce jour-là. Ce sont des lunettes de repos, elles me font beaucoup de bien au quotidien, étant donné que je passe trop de temps à lire, écrire et devant les écrans.
      Mille gros bisous 😘

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  2. La liberté : oui, par rapport à qui et par rapport à quoi. Il faut sortir de l’enfermement qui procède d’un attachement excessif à des pseudos valeurs et rechercher, sans se renier, l’épanouissement à travers le respect des normes: la vie en tout et pour tout, les relations équilibrées avec un milieu sain…Je pense que vous avez retrouvé la bonne voie. Merci de nous inviter à l’élévation. Belle écriture !

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    1. Merci pour ce message très inspirant et votre très gentil compliment sur ma façon d’écrire, je suis sincèrement touchée. Bonne continuation 🙂

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  3. Mmmm… Une infusion au miel ! Verveine-menthe ou tilleul-menthe pour moi. Surtout enroulée dans un plaid 🙂
    Maintenant quand je regarde un film je m’enroule dans ma couette et mon plaid, par terre. Ça ne semble pas très confortable mais ça l’est ! 😀
    Et j’adore regarder les oiseaux.

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    1. Tu me donnes envie de tester l’enroulage dans un plaid à même le sol 😁
      Quel oiseau préfères-tu? Moi je craque complètement pour les mésanges, et j’ai de la chance car j’en ai plein mon jardin 🙏🏻

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