Déprogrammation mentale

Cher journal,

Au fil des années, j’ai malgré moi laissé mes problèmes me définir et m’aliéner.

J’ai fini par dire « je suis dépressive, je suis boulimique, je suis pauvre, je suis triste, je suis en colère, etc etc ».

Ma thérapie actuelle est aussi intensive émotionnellement qu’elle est efficace, et j’ai appris à dissocier mes émotions de ma personne.

Je ne suis pas triste mais je ressens de la tristesse par exemple, ce qui me permet de reprendre possession de moi-même et me rendre compte également que la souffrance ne me définit pas, même si elle est encore encombrante dans ma vie, dans ma tête.

Je ressens de la colère, beaucoup, celle que j’ai emmagasinée depuis des années, refoulée ou retournée contre moi.

J’apprends à la comprendre, à trouver son origine et à « digérer » celle-ci pour apaiser mes réactions dans le moment présent.

Plus que jamais en ce moment j’ai besoin de solitude, je n’ai pas envie de parler aux autres, non pas par méchanceté, mais parce que j’ai besoin de cet espace pour moi, pour me recentrer vraiment, parce que ce dont je me rends compte, c’est que maintenant que j’ai arrêté de me définir comme dépressive, triste et boulimique, je suis incapable de dire qui je suis et comment je me définis.

Je suis Alice. Vous me direz c’est déjà bien d’être soi, mais ce que je veux dire c’est que je ressens un grand vide en mettant la souffrance de côté, comme si celle-ci m’était tellement familière que le fait de l’avoir abandonnée me laissait seule, perplexe, abandonnée.

Comment occuper mon esprit si je ne le consacre plus à ma souffrance?

Qu’y a-t’-il derrière ce masque de souffrance, qu’est-ce que je veux vraiment dans la vie?

Comment vais-je occuper mon temps lorsque je ne souffrirai plus du passé, que vais-je faire de ma vie? Quelles sont les choses qui ont de l’intérêt à mes yeux?

C’est comme un grand vide bouleversant, un vide attirant, un vide provocant, un vide angoissant.

L’attirance du vide, du rien, que l’homme cherche constamment à remplir pour se sentir existant.

Ma façon à moi de me sentir existante, vivante, bien que déplorable à mes yeux, est de consommer.

Manger surtout, mais aussi acheter.

Puis ressentir le dégoût et tout arrêter, jusqu’à me sentir de nouveau vide et inexistante et recommencer à manger et à acheter.

C’est tout à l’opposé de la vie que j’aimerais, ce rêve profond en moi que je m’interdis parce que… je ne sais pas trop pourquoi, peut-être par peur du regard des autres, de leur jugement?

J’ai beau dire que ceux-ci ne m’atteignent pas, je suis au contraire très influencée par le regard et le jugement des autres sur ma personne, tout simplement parce que je suis tellement mal dans ma peau et ma vie que je laisse les autres décider à ma place si ce que je fais, dis, porte ou même l’apparence physique que j’ai est acceptable, convenable.

Tu sais ce que je ferais cher journal si je n’avais plus peur du regard des autres? Je passerai ma vie à écrire, des livres, des articles de blog et mon journal. Je prendrais des cours d’aquarelle et de pastel sec, je passerai mon temps libre à lire de la poésie et regarder les oiseaux.

Je remplirais encore plus ma maison de plantes et mon balcon de fleurs, je ferais plein de petits plats, je me déplacerais à vélo et n’en aurais rien à faire de ne pas avoir mon permis.

J’aurais une petite maison à la campagne avec quelques poules, j’apprendrais la poterie et j’aurais un four spécial, où je fabriquerais mes propres bols, tasses et pots de fleurs en terre.

J’aurais un potager permacole très fourni mais pas très grand, je mangerais essentiellement ce que je récolterais dans mon jardin, je n’aurais aucune nuisance sonore autour de moi.

Je n’aurais que très peu de choses dans ma maison, exceptées mes plantes vertes et mes bols japonais.

Seulement quelques vêtements, très peu de choses mais des choses adorées, mais en revanche j’aurais un atelier créatif rempli de matériel, de toiles, de papiers, pour laisser libre cours à mon imagination si fertile.

J’ai un esprit à la tournure particulière qui a besoin d’être constamment stimulé (c’est pas moi qui le dit mais mais psy) sinon je m’ennuie et l’ennui me fait me sentir dépressive, triste et angoissée.
J’ai un terrible blocage créatif depuis des mois, qui heureusement ne touche pas l’activité créative qui a le plus de sens et d’importance à mes yeux, l’écriture (évident!), mais je n’arrive plus à faire le moindre dessin, à toucher mes aquarelles…

J’ai eu de magnifiques pastels en Novembre dernier et je n’en ai même pas utilisé un seul.

En terminale, en fin d’année, il y a eu un incident majeur dans ma vie.

J’avais préparé un dossier pour faire une école d’art. J’avais très envie de devenir illustratrice et me spécialiser dans l’illustration de livres pour enfants, parce que j’adore les dessins mignons et naïfs, et l’univers enfantin tout entier, magique et merveilleux.

Une phrase, une simple phrase assassine m’a tout fait abandonner.

J’ai jeté mon dossier à la poubelle, vaincue.

Et je n’ai jamais pardonné cette personne pour cette phrase assassine.

J’y travaille, ce qui explique ma colère, elle aussi assassine, que je ressens actuellement.

Tout ça pour dire que tant que je n’aurais pas retrouvé ma créative complète et entière, je ne serais pas moi-même, et donc par extension, je ne serais pas heureuse et épanouie.

Tu sais quoi? Cet article part dans tous les sens, comme mon esprit, alors je vais m’arrêter là et je reviendrai quand celui-ci ne sera plus tout à l’envers comme maintenant.

 

Ps: à toi qui me lis, excuse-moi si je ne réponds pas à tes commentaires en ce moment, ça bloque aussi. Mais je te lis avec énormément de plaisir et te répondrai dès que possible. Coeur sur toi 💛

4 commentaires sur “Déprogrammation mentale

  1. Reçois toutes les ondes positives qu’il m’est possible de t’envoyer, Lili.
    Essaie tout ce qui te fait envie.
    Et pardonne-toi.
    C’est long de se trouver. Alors prends le temps de devenir toi ☺

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    1. Merci beaucoup pour tes belles paroles pleines de sagesse et de bienveillance encore une fois. Merci surtout d’être mon amie depuis si longtemps maintenant 💛🙏🏻

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  2. Il ne faut pas laisser les autres te définir, tu es toi point comme tout le monde avec tes qualités et tes défauts. On évolue on ne reste pas bloqué sur des étiquettes. Tu as parfaitement compris que l’écriture fait du bien, reprend ton crayon, tes aquarelles mais surtout ne te met pas la pression du résultat, la pure création doit être simplement plaisir, plaisir de se sentir vivant ! Moi aussi en pleine période de repli sur moi en ce moment mais je tente de ne pas fermer mon coeur bien que j’ai besoin de solitude… C est pradoxal mais c est la vie. la flamme à l’intérieur est là et ne demande qu’à briller. Tes textes me touchent et moi je crois en toi !

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    1. Merci infiniment pour ce beau message plein de bienveillance, ça fait du bien! A force de lire des messages de ce genre, je vais finir par craquer et me remettre à créer… l’idée me plait!
      Bon cheminement solitaire alors, et merci beaucoup de croire en moi, ça me touche sincèrement.

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