Bonheur d’une vie simple #3

Bonheur d’une vie simple #3

Je souris toujours lorsque j’entends « Le ménage, quelle corvée, moi j’ai horreur de ça », parce qu’à contrario j’adore prendre soin de ma maison en la nettoyant et en la rangeant un peu chaque jour.

C’est ma petite routine du matin.

Après mon petit déjeuner, j’arrange les coussins du canapé, je plie les plaids utilisés la veille pour regarder un bon film ou une série, je débarrasse la table du salon si besoin, en ramenant nos tasses dans l’évier.

J’ouvre toutes les fenêtres au petit matin, quand il fait encore bien frais afin de renouveler l’air de la maison.
Je ramasse tout ce qui traîne dans toutes les pièces, je range mon linge, je charge le lave-vaisselle, passe un petit coup d’éponge dans la cuisine, un coup de plumeau sur les meubles et les feuilles de mes plantes, puis un coup d’aspirateur dans toute la maison.

Si besoin je mets une machine en route, puis j’étends mon linge dehors, sur la corde à linge de mon petit jardin.

La quiétude que je ressens lorsque je fais mon ménage me montre encore une fois à quel point les gestes et actions du quotidien sont essentiels à notre bien-être et à notre santé.

Cet enchaînement répétitif au fil des jours nous aide à poser un cadre dans nos vies, un cadre rassurant, protecteur, mais surtout épanouissant.

Selon moi cela ne sert à rien de chercher l’exaltation au dehors, au contraire la vie la plus simple et la plus libérée des contraintes possible devrait être notre objectif à toutes et tous pour vivre dans la santé et le calme, dans la douceur et la tranquillité.

Qu’est-ce que la vie humaine si nous n’accordons pas d’importance à ses détails du quotidien?

Pourquoi ces gestes emplis de sens, comme faire à manger, ranger sa maison, faire son lit, brûler de l’encens, déguster un bon thé sont-ils perçus aujourd’hui comme ennuyeux, rébarbatifs, dénués d’intérêt pour de nombreuses personnes?

L’été mon plus grand plaisir est d’observer la beauté du ciel nocturne, la magie brillante des étoiles, guettant avec excitation le passage furtif d’une étoile filante pour faire un voeu sous le firmament.

A l’Automne, ce que je préfère c’est marcher dans les feuilles mortes craquantes, savourant ce doux bruit sous la semelle de mes chaussures.

J’adore aussi regarder la pluie tomber par la fenêtre et rêver pendant des heures.

En hiver, je me réjouis du froid qui pique les joues, et j’observe avec bonheur les oiseaux manger les graines que je leur offre chaque année à travers la fenêtre.

Au Printemps, je m’extasie devant la Nature qui renaît: bourgeons, premières fleurs, retour du chant des oiseaux, parades nuptiales, retour de la douceur et du soleil qui réchauffe avec tendresse la joue des promeneurs.

Chaque saison a tellement à nous offrir, accordons-leur à chacune notre attention la plus grande.

Nous faisons partie intégrante de la Nature, ce que nous avons tendance à oublier trop rapidement en l’exploitant et l’avilissant, elle qui nous offre tout sans la moindre limite.

Respectons-la, écoutons-la, calons-nous sur ses rythmes qui sont bénéfiques à tous les être vivants, ralentissons, adoptons une slow life tellement riche de sens que le monde extérieur, progressivement, n’aura plus la moindre emprise sur nous.

Sur ces doux écrits, je te souhaite une très belle journée, un beau week-end heureux et joyeux, plein d’éclats de rire, de tendresse et de douceur, et je te donne rendez-vous sur le blog à mon retour de vacances, le lundi 8 Octobre dans l’après-midi.

Milliers de coeurs sur toi 💛

Ps: petite nouveauté dorénavant, une intégration musicale de mon petit univers à chaque article. ☺️

 

Bonheur d’une vie simple #2

Bonheur d’une vie simple #2

J’attrape ma petite planche à découper en bois, mon petit couteau d’office en inox dans le tiroir, un oignon jaune de bonne taille, je dispose le tout sur le plan de travail de la cuisine et j’épluche l’oignon consciencieusement.

Le silence se fait autour de moi, je suis toute à mon oignon et à son épluchage, dans le moment présent.

Je me concentre sur le bruit de découpe du couteau sur la chair craquante de l’oignon, puis celui de la lame entrant en contact avec le bois de la planche.

Je fais glisser délicatement du bout de mon couteau mes rondelles d’oignon fraîchement coupées dans une casserole où frémit un petit morceau de beurre à l’odeur si caractéristique et gourmande, et j’écoute grésiller le mélange du beurre et de l’oignon, charmante et délicieuse rencontre en cuisine.

Je continue la préparation de mon plat, une soupe de maïs au bacon que je sers dans un de mes bols japonais préféré, orné de motifs de chat porte-bonheur, Maneki Neko.

Je m’installe sur ma chaise confortable dans mon salon propre, lumineux et si agréable à vivre, entourée de mes plantes vertes, et je regarde mon bol et la couleur jaune maïs de ma soupe faite maison avec amour.

J’entoure mon bol de mes mains pour en ressentir la chaleur, j’hume les bonnes odeurs puis je commence à manger, un profond sentiment de gratitude ancré en moi pour cette nourriture chaleureuse et réconfortante que j’ai la chance de pouvoir savourer aujourd’hui.

Les taches du quotidien ont une importance capitale à mes yeux dans ma quête d’équilibre et de bonheur.

Je préfère infiniment accomplir des taches quotidiennes ordinaires de manière extraordinaire, avec le souci du détail et de l’accomplissement, plutôt que de chercher à vivre une vie extraordinaire et fatalement dénuée de ce charme désuet qu’est la simplicité de ma vie.

Quoi de plus épanouissant que de bien manger, de laver son linge, de lire un bon livre, de faire brûler de l’encens et de partager de bons moments avec les personnes que nous aimons le plus?

Quoi de plus doux que de se glisser dans des draps frais sentant le propre, de manger dans de la belle vaisselle choisie avec amour, quoi de plus merveilleux que de serrer dans ses bras une personne que l’on aime, ou un animal chéri?

Il est l’heure pour moi d’aller faire faire glisser les pages d’un nouveau roman, et de vous souhaiter une magnifique journée.

Bonheur d’une vie simple #1

Bonheur d’une vie simple #1

Les oiseaux chantent dans les arbres de mon jardin, tandis que le soleil rayonne de toute sa lumière, haut dans le ciel bleu d’été.

Je suis en train d’étendre mon linge sentant bon le frais et le propre sur mon fil à linge.

Concentrée sur ma tache, je ne pense qu’à étendre mon linge le plus à plat possible, pour le défroisser et l’entretenir au mieux, afin que mes vêtements durent le plus longtemps possible.

Mon linge étendu, je fais un petit détour par ma lasagne, souriant de plaisir devant mon petit poivron vert qui pousse chaque jour un peu plus.

Puis je retourne dans mon logement que j’aime.

La lessive terminée, je fais un petit peu de ménage, passant le plumeau pour déloger la poussière sur les plantes vertes, les meubles et les plinthes.

Un petit coup de balai et d’éponge sera suffisant aujourd’hui.

Ma petite cloche en fonte tinte au vent dans mon salon, de son doux son cristallin.

Voici venue l’heure de m’occuper du repas, tache que j’accomplis avec joie; j’apprécie le côté créatif de la cuisine, la satisfaction de tous les sens à la fois durant la préparation et la dégustation.

Le riz cuit tranquillement dans mon autocuiseur, j’aime cette douce odeur qui se répand dans la cuisine, tandis que je fais revenir des oignons et des champignons dans une poêle d’huile bien chaude.

Le bruit grésillant des oignons dans la poêle me réjouit, quel son agréable, et que de bonnes odeurs montant à mes narines…

Je me régale de mon petit plat, mangeant dans mon bol japonais préféré, avec des baguettes, comme j’aime.

J’apprécie d’avoir la liberté de vivre comme je veux, selon mes goûts, mon style et mes idées.

Cette paix, j’ai mis longtemps à la trouver; elle était simplement en moi, mais je ne la voyais pas.

Aujourd’hui, je profite de cette vie simple et paisible qui me rends heureuse et inspirée, et j’aspire chaque jour un peu plus à la partager avec vous.

Je vous prépare plein de petites choses pour la semaine prochaine, en attendant je vous souhaite un merveilleux dimanche tout en simplicité et en joie simple.

Wabi Sabi: l’esthétique du temps qui passe

Wabi Sabi: l’esthétique du temps qui passe

Aujourd’hui, je te parle d’un concept japonais sur le blog, ou plutôt une philosophie, le wabi sabi.

Le wabi sabi, c’est l’esthétique du temps qui passe, ou la mise en valeur des imperfections et des signes d’usure et de vieillissement comme une forme de beauté à part entière.

Comme tu l’as certainement compris, c’est un concept qui va totalement à l’encontre des codes esthétiques de notre société occidentale, qui prône la jeunesse, la perfection, le « lisse », les intérieurs identiques et stériles de monsieur et madame tout-le-monde…

Il y a quelques années, je préférais largement les choses neuves, bien propres et « lisses » justement, sans imperfections ni irrégularités, jusqu’à ce que je sois « frappée », en quelque sorte, par le wabi sabi qui m’a fait complètement changer ma perception et mon sens de l’esthétique au quotidien.

Dorénavant, je cherche en priorité les petites imperfections lorsque j’achète quelque chose: j’adore par-dessus tout la poterie japonaise par exemple, en particulier les pièces irrégulières, avec des taches, des marques, des petits trous…

Le wabi sabi n’est pas associé uniquement aux choses matérielles, loin de là, c’est une philosophie profonde qui s’applique à la vie toute entière, à la personne, à la nature, aux paysages…

Le wabi sabi, c’est une nouvelle façon de voir le monde, de percevoir la beauté dans l’irrégulier, la différence, l’usure, la patine, l’oxydation, et même les rides, les cheveux blancs et les petits « défauts » du corps…

C’est être proche de ses objets devenus de vrais compagnons au fil des ans, patinés par l’utilisation quotidienne, c’est s’aimer dans le miroir peu importe le nombre d’années qu’il nous renvoie...

Je vous laisse avec l’extrait suivant sur le wabi sabi, issu du livre L’Art de l’essentiel, de Dominique Loreau.

« La patine du temps n’est pas une nature morte. Ces objets sont pour moi des îles de repos où l’âme va, par instants, puiser quelques pensées cachées de sérénité. » Fabienne Verdier, Passagère du silence

Le wabi sabi est une esthétique raffinée élaborée autour de tout ce qui est usé, vieux, patiné, usagé. C’est l’amour de l’ancien et le rejet du clinquant, de l’ostentatoire, du côté « nouveau riche »,de la virtuosité des fabricants s’évertuant ) nous éloigner de tout ce qui est naturel et nécessaire intérieurement, à savoir la vie, et rien d’autre. C’est vers le XVe siècle que les maîtres de thé japonais fondèrent ce mouvement visant à revenir à une pratique de cet art qui avait été trop influencée par la Chine et son faste. Selon eux, les mots ne peuvent tout exprimer et, comme le zen, le wabi sabi n’est pas quelque chose qui se saisit par l’intellect. Ils voulaient revenir à un mode de vie détaché de la richesse, de l’argent qui apporte bien souvent ennuis, peurs et angoisse. Le wabi sabi, c’est choisir une pauvreté qui est l’absence de possessions inutiles au profit d’autres, qui sont, elles, riches de sens. C’est savoir apprécier ce qui est transitoire et flottant, se contenter de choses simples. C’est le contraire des produits en plastique dupliqués en série car l’original, par définition, ne peut être copié. Dépôts de rouille, vert-de-gris d’un vieux cuivre… le wabi sabi en fait des artistes mettant en évidence le caractère temporel des choses et leur mutation constante. Il a fait du temps un maître qui accomplit une oeuvre en déposant sa patine.

« Le poids paisible des choses, le couvercle qui chantonne sur la bouilloire, le poème qui pend le long du mur, la vapeur qui embrume les laques lisses, l’eau qui tombe en murmurant sur le thé. » Werner Lambersy, Maîtres et maisons de thé

De nos jours, le wabi sabi rejette la culture de l’excès, le trop de graphismes sur les paquets de céréales, les boîtes de cd, les bricoles, les magazines, et les décorations bon marché. Le wabi sabi, ce sont les prémices de l’automne, un horizon rural de lignes estompées et déficientes, de champs labourés, d’oiseaux bruns en quête de nourriture dans les feuilles d’automne. C’est un fauteuil en bois fait à la main, un fauteuil simple, vrai, bien droit, sans fioritures, fonctionnel et pourtant plein de raffinement, un fauteuil portant une patine aux tons chaudes riches que le bois acquiert avec le temps, un fauteuil qui apporte du plaisir à chaque fois qu’on le regarde, qu’on le touche, qu’on s’y assoit. Une bobine de fil, une aiguille, une cuillère en bois, un pain de savon, un balai, un jean, un crayon de papier… ces objets intemporels ont été inventés il y a plus de cent ans. Et ce sont pourtant eux qui nous apportent le plus. Le wabi sabi, c’est la beauté de ces choses qui semblent ignorer le temps: des parquets et escaliers anciens, des cuirs, des céramiques, des pierres, des métaux patinés, des tapis élimés, des pierres recouvertes de mousse, des feuilles de papier jauni, une théière culottée, une poêle en fonte noir suie à force d’emplois répétés, une bougie blanche aux traînées coulantes. C’est tout ce qui porte la marque du temps, tout ce qui n’est pas mort dans l’uniformité. C’est l’unicité des objets, leur histoire. Inutile de préciser que l’esthétique du wabi sabi exclut le trop! Posséder trop d’objets wabi sabi serait contradictoire. Certains objets, pour l’histoire qu’ils portent en eux (votre histoire), sont passionnants: ce sont ceux que vous avez le choix de garder. Les autres peuvent disparaître de votre univers. La richesse du wabi sabi suffit.

Et toi, connaissais-tu le wabi sabi?

Aime-tu cette définition et cette vision de la beauté, de la vie? A ton clavier!