Réflexions sur l’alimentation #2: le chaos dans mon assiette

Réflexions sur l’alimentation #2: le chaos dans mon assiette

Bilan de cette deuxième semaine de suivi alimentaire.

Dois-je vraiment en parler? Oui parce que ça me fait du bien, d’un autre côté, ce sentiment de honte me tenaille le ventre.

Je ne sais pas vraiment ce qui s’est passé. J’ai craqué, j’ai dérapé, j’ai pété les plombs.

Je me suis gavée jusqu’à la nausée.

Pop corn au caramel, chocolat, brioche, gâteaux, jus d’orange, fromage…

Ma peau a trinqué au passage, vive les petits boutons indicateurs d’un foie qui n’en peut plus et que j’entends supplier au creux de mon oreille « Arrête Lili s’il te plait, pitié! ».

J’ai grossi, je le sens et le vois à mes vêtements.

Je suis tellement mal dans ma peau que j’ai annulé mon rendez-vous chez l’esthéticienne pour ne pas avoir à me montrer.

Et ressentir cette honte me rends incroyablement triste.

Je voudrais pouvoir rester cachée cette semaine, impossible, trop d’enjeux, de rendez-vous prévus, trop de bonnes choses qui me tendent les bras pour me renfermer à double tour chez moi, planquée sous mon plaid, à me goinfrer encore un peu plus à cause de ma tristesse cette fois.

Je remarque qu’il y a toujours une excuse à mes crises: je n’étais pas bien, j’étais triste, stressée, en colère. Et toujours beaucoup de regrets ensuite. Pourquoi ai-je mangé tout ça, pourquoi suis-je condamnée à être grosse depuis tant d’années, qu’est-ce qui cloche chez moi?

C’est généralement durant cet interrogatoire peu bienveillant envers moi-même que je prends conscience de ma détresse et de mon manque de douceur.

Je peux être la plus douce du monde et la plus prévenante avec les autres, mais avec moi, aucun droit à l’erreur, cette notion complètement erronée de perfection me défonce le corps et l’esprit.

Un passé aux pages difficiles à tourner, des conseils débiles dont je n’ai pas besoin et que je n’ai pas envie d’entendre de l’extérieur (je ne parle pas de vos commentaires ici, mais dans la « vraie vie »).

C’est tellement dur de porter une telle culpabilité, une telle honte de soi, celle qui me pousse constamment à l’auto-sabotage, bien malgré moi…

Demain j’ai un rendez-vous très important. Qui va peut-être tout changer (l’espoir fait vivre!).

Peut-être qu’après cela, je ne mangerai plus jamais comme une goinfre, peut-être qu’après cela, je pourrais envisager une relation saine et stable à la nourriture, et ne pas la voir comme une ennemie de qui je dois me méfier constamment.

Heureusement que je ne me pèse plus, sinon je pense que j’aurais pleuré quelques heures de plus ce matin.

L’incompréhension de mes comportements face à une vie qui s’arrange chaque semaine un peu plus, qui me sourit aujourd’hui, me tend les bras, invitante et bienveillante.

Mon nouveau style, mes nouveaux projets, l’essor de mon blog, mon logement super, mon chéri trop mimi… et moi au milieu de tout ça, qui engouffre tout ce que je peux engouffrer, jusqu’à l’anesthésie complète.

Incapable de bouger, gênée pour respirer même (oui ça va loin!), je fixe le vide avec des pensées de honte et de dégoût.

Je ne veux pas que les gens m’approchent, je ne veux pas qu’on me touche.

Ne me blessez pas, ne me blessez plus, je ne peux plus encaisser la moindre violence physique…

Cette semaine devrait être plus calme, étant donné que j’ai pillé toutes les cochonneries du placard, et que j’ai de nombreux rendez-vous à l’extérieur qui vont m’éloigner de la maison et des tentations. Prions.

Je garde espoir, même si c’est parfois dur d’y croire.

 

 

Hyperphagie, le retour

Hyperphagie, le retour

S’il y en a une qui ne m’avait pas manqué, c’est bien elle.

L’hyperphagie, ou boulimie non vomitive, est le principal fléau de ma vie depuis 6 ans maintenant.
A l’heure où ma vie prend un tournant à 180° et où la réussite répond présente après tant d’années de galère et d’échec, je perds le contrôle.

L’angoisse est à son apogée, le bonheur me fait peur, aussi bête que cela puisse paraître.

Une sensation d’étouffement et d’emprisonnement, comme si un lien invisible m’enserrait la cheville, me pousse à me débattre comme une folle et à m’épuiser inutilement.

Je voudrais briser ce lien mais j’ignore comment, m’affranchir du regard des autres et ne pas systématiquement faire les choses pour plaire, pour faire plaisir.

Etre un peu égoïste me ferait du bien, mais cela aussi c’est dur.

Envie de me mettre en grève et de ne plus être là que pour moi durant quelques temps.

« Je ne suis pas là pour le moment, veuillez laisser un message après le bip sonore. »

Manque de contrôle, excès de contrôle, manque d’équilibre entre les deux.

Sensation d’injustice, d’impuissance, sentiment de révolte bouillonnante dans mes entrailles.

Manger manger manger, pour apaiser le démon qui grignote mes entrailles.

Accepter les crises et les laisser venir, pour repartir ensuite et me laisser tranquille pour une durée indéterminée.

Ne pas se juger, ne pas être dure.

Le changement de vie, c’est pour mardi… je vous laisse avec ce suspens de folie!

Souhaitez-moi bonne chance…

Coeur sur vous 💛

Réflexions sur l’alimentation #1 + adieu les régimes!

Réflexions sur l’alimentation #1 + adieu les régimes!

Non non je n’ai pas oublié mes bilans hebdomadaires concernant mon alimentation, voici même le premier.

Je suis dans une période difficile et transitoire concernant la nourriture.

J’ai très envie de manger plus sainement mais je suis actuellement très attirée par les aliments gras.

J’ai aussi très envie de réduire ma consommation de protéines animales mais je suis obsédée par le poulet, le saumon et les crevettes.

Alors face à toutes ces envies contraires, mon esprit s’embrouille.

Je ne suis plus trop dans des choix alimentaires à visée amincissante car je me sens de mieux en mieux dans ma peau, ce n’est donc pas le facteur déterminant de ma transition alimentaire actuelle.

 

Pourtant, mon corps me dit que je dois changer beaucoup de choses dans ma façon de manger, je dois changer en profondeur.

Alors que faire?

 

Une amie m’a parlé d’un régime qu’elle suit, le régime céthogène.

J’avoue avoir été tentée lorsque j’ai entendu que l’on maigrissait facilement avec ce régime (esprit de contradiction avec ce que je viens de dire plus haut!) et lorsque j’ai feuilleté le livre dudit régime en question que mon amie m’a prêté, j’ai ressenti un malaise en moi.

Mon corps m’a envoyé un message clair et précis, du style « n’essaie même pas de reprendre un régime, quel qu’il soit », pourtant mon ego me disait en même temps « mais tu te rends compte, tu peux maigrir facilement avec ça, c’est une occasion en or, vas-y fais-le! »…

Euh… silence, laissez-moi réfléchir toute seule!

 

Je me suis retrouvée dans la même situation que ce pauvre Kronk (Kuzco)

 

Pour résumer, le régime céthogène fait la part belle aux lipides et protéines, et supprime quasiment tous les glucides.

Premièrement, le terme régime me glace le sang rien que de l’écrire ou d’y penser.

Deuxièmement, l’idée de supprimer une catégorie d’aliments, surtout une aussi importante, me parait déséquilibré et malsain pour l’organisme.

Troisièmement, quand je vois toutes ces quantités de graisse utilisées dans les recettes et la faiblesse de mon petit foie malmené pendant des années par mes excès, j’en ai déjà la nausée.

Face à ces constats, j’ai donc décidé d’oublier ce régime et de ne même plus y accorder le moindre intérêt.

Oui j’ai encore envie de maigrir, mais naturellement, sans privation, sans frustration, sans régime.

Je ne veux plus forcer les choses, m’affamer, faire n’importe quoi puis craquer ensuite.

Je veux laisser le pouvoir de décision à mon corps et j’ai décidé de l’écouter et de manger en conséquence de ses envies. 

Que veux-tu mon corps, de quoi as-tu faim?

Laisser venir la réponse.

Mon corps sait ce qui est bon pour lui, il sait ce dont il a besoin à l’instant T.

Glucides, protéines, lipides?

Sucré, salé?

Chaud, froid?

Poisson, viande, oeuf, fromage, ou alternative végétale comme les légumineuses ou le soja?

Liquide, solide?

Quelle texture?

Un régime est à mon sens finalement un refus d’écouter son corps, et donc par extension un refus de se faire du bien et de se respecter. 

Oui c’est génial de se sentir mincir quand on a des kilos en trop, mais que dire de l’effet yo-yo, de la sensation de faim, de privation, de frustration?

 

 

A l’heure où je découvre le plaisir de cuisiner, de préparer à manger, de faire les courses, de planifier des menus qui me font vraiment envie, je ne veux pas me gâcher la vie avec des interdits et des tabous alimentaires; je veux laisser ça derrière moi car je ne veux plus partager ma vie avec les troubles alimentaires.

La semaine dernière je me suis offert un relooking en faisant un super shopping.

Alors que j’avais tout pris en XL, je me suis rendu compte en essayant que c’était beaucoup trop grand.

J’ai recommencé avec le L.

Trop grand.

Je n’arrivais pas à accepter de faire du M, mon esprit était resté bloqué à mon ancien poids, mon ancienne silhouette.

J’ai tout acheté en M -pour les hauts, car le bas chez moi c’est une autre histoire!- et j’ai remarqué que, passée la minute grisante où je me suis dit « je fais du M, une taille « normale », c’est trop cool », je ne me suis pas sentie plus heureuse qu’avant.

 

J’ai ainsi concrètement compris que mon bonheur, que je croyais dépendant de mon poids, de ma silhouette, n’était absolument pas au rendez-vous malgré ma nouvelle taille de vêtements.

Un poids, une étiquette, ne valent rien dans la balance du bonheur, seul l’état d’esprit importe.

Mince ou grosse, on s’en fiche.

Ce qui compte, c’est de s’aimer, de prendre soin de soi et de se valoriser, et maintenant que je l’ai intégré en moi, je me sens beaucoup mieux dans ma peau, dans ma tête.

Je ne me pèse plus également, quelle libération!

 

Ce soir, je vais faire des courses.

Je suis posée tranquillement sur mon canapé, à laisser venir les suggestions de mon corps quant à ce que je dois écrire sur ma liste de courses.

 

Pas de régime, pas d’interdit, pas de culpabilité, juste ce dont j’ai besoin aujourd’hui pour me sentir bien, à la fois dans mon corps et dans mon esprit. 

A moi les premiers légumes d’automne, à moi les châtaignes, j’ai envie de soupes et de veloutés, de plats colorés et savoureux, à moi la purée de butternut et les oeufs bio à la coque…

A moi tout un tas d’autres délices à savourer, loin des trauma alimentaires du passé.

Une sensation de liberté grisante s’empare de moi depuis des semaines, comme si les barreaux de ma cage cédaient naturellement les uns après les autres.

Coeur sur toi, aime-toi tel(le) que tu es et fais-toi le plus de bien possible au quotidien, tu es précieux(se) et tu le mérites vraiment.

💛

Dans mon assiette: confidences et résolutions

Dans mon assiette: confidences et résolutions

20 années de troubles alimentaires, 20 années de contrôle de mon poids, 20 années de privations puis d’orgies alimentaires, 20 années de détestation de mon corps, 20 années de yo-yo…

Cela résume malheureusement presque toute ma vie. J’ai aujourd’hui 28 ans et j’ai donc souffert de 20 ans de troubles alimentaires.

J’en souffre encore, sporadiquement, mais ce n’est pas comparable à avant.

Végétarienne pendant 7 ans, j’ai tout abandonné par manque d’énergie et d’envie pour manger à nouveau de la viande et du poisson, et chemin faisant, j’ai repris une alimentation omnivore tout ce qu’il y a de plus grasse et mauvaise pour ma santé, jusqu’à ce que mon corps se mette en état d’alerte il y a quelques jours.

Je ne pouvais pas continuer comme ça.

Si je veux me montrer que je m’apprécie de plus en plus et que je commence à m’aimer, je dois changer d’alimentation pour être en accord avec mes valeurs éthiques, écologiques et mes croyances sur ce qu’est réellement une bonne santé, et mes valeurs ne s’accordent définitivement pas avec mon régime alimentaire actuel!

Manger a toujours été une source de stress pour moi.

Calories, kilos, culpabilité, envies refoulées, ennui, anxiété, tout se logeait dans mon assiette pour se stocker ensuite dans mon corps.

J’ai frôlé le poids à trois chiffres, à une époque où la balance était la meilleure de toutes mes amies.

Récemment j’ai compris que je devais arrêter de me peser et changer le contenu de mon assiette plutôt que de continuer à me peser tous les jours en mangeant n’importe quoi.

C’est en lisant un livre sur les troubles alimentaires que j’ai compris l’impact négatif et déstabilisant du poids indiqué sur la balance sur mon esprit fragile.

Depuis je ne me suis plus pesée, et même si j’avoue y penser régulièrement, je n’ai pas craqué et compte sincèrement changer mes habitudes dès maintenant.

Pour autant, lorsque l’on a jamais eu de repères stables en matière d’alimentation, changer du tout au tout s’avère difficile.

Mon idéal serait de redevenir végétarienne mais je ne m’en sens pas la force actuellement, cela viendra progressivement lorsque je me sentirai prête pour ça.

 

Voici mes objectifs dans l’assiette:

1- Manger végétarien 1 repas sur 2 pour commencer

2- Consommer plus de légumes

3- Limiter au maximum le sucre raffiné

4- Manger de saison

5- Remplacer le beurre par une alternative végétale

6- Prendre un petit déjeuner sain et consistant chaque matin

7- Faire plus de cuisine

8- Limiter au maximum les grignotages

9- Manger avec faim et plaisir

10- Ecouter mon corps, ses besoins et ses envies

Je ferai donc un bilan hebdomadaire sur mes assiettes et mon ressenti alimentaire, sur mes réussites et mes échecs, et je commencerai également à partager mes recettes préférées, omni, végétariennes ou vegan avec vous, en progressant de plus en plus vers les recettes végé’.

Dans le passé, vous avez été nombreuses (seulement des femmes) à me demander en privé si je pense que l’on peut guérir définitivement des troubles alimentaires.

Je trouve que c’est une question délicate et en toute franchise, même si cela peut paraître un peu dur, je crois que l’on ne guérit pas vraiment totalement des troubles alimentaires.

J’espère sincèrement me tromper sur ce point et pour ma part je crois à un possible et réel mieux être au quotidien, mais je pense que les troubles restent tapis dans l’ombre, dans un coin de notre esprit, et qu’il faut être vigilant pour qu’ils ne reviennent pas.

J’ai comme l’impression que les tca (troubles du comportement alimentaire) font partie de moi aujourd’hui, mais qu’il ne tient qu’à moi de leur accorder de l’importance ou non.

Selon les jours et selon mon humeur, c’est plus ou moins facile.

Je te dis donc à lundi pour le premier bilan alimentaire, et dès la semaine prochaine, les recettes débarquent sur le blog, miam!

 

 

Si toi aussi tu souffres de troubles alimentaires, ne perds pas espoir et bats-toi, il y a des choses merveilleuses à vivre sur terre, et demain est un nouveau jour.

Coeur sur toi 💛